L'Affaire Calas
- Titre
- L'Affaire Calas
- Description
- Collection traitant de " L'Affaire Calas ", présentant la défense et l'accusation de la famille Calas au XVIIIe siècle, dans les écrits comme les représentations iconographiques.
- Couverture spatiale
- Toulouse et Paris, France
- Couverture temporelle
- Du XVIIIe au XXIe siècle, avec une concentration sur le XVIIIe siècle à la suite de l'affaire se déroulant en 1761
- Contributeur
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Zoe Akakpo
Liv Bultez
Aymeric De Ruyter
Alexis Vanmarcke - Langue
- Français
Contenus
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Marc Antoine Calas trouvé mort dans la boutique familiale à ToulouseLe dessin est donc une représentation de la découverte du corps de Marc-Antoine Calas par sa famille. Il y a cependant plusieurs choses qui diffèrent des autres représentations, l’auteur semble ici moins prendre le parti suicide. En effet, il y a bien la présence de la corde et du tabouret, représentés dans les autres dessins sur ce sujet habituellement autour du cou de Marc-Antoine, ici, ils sont éloignés. De plus, on peut voir la présence directement du Capitoul qui montre l’accusation face aux Calas, mais aussi le visage grave d’Anne-Rose Cabibel auprès de son fils. Enfin, les Calas apparaissent plutôt dans l’ombre face au Capitoul et son compagnon qui illumine la scène à la lumière de leur bougie. Il y a deux personnages qui se détachent : on peut considérer le premier comme un frère de Marc-Antoine ou bien un voisin qui a entendu le bruit et ramené le Capitoul, le second, reconnaissable à son chapeau. Ils semblent suivi par une foule, irreconnaissable par les traits assez flous. Ils sont aussi illuminés par la lueur de la bougie face aux Calas près du corps de Marc-Antoine, mais se tiennent légèrement en retrait, dans une posture plus méfiante. Jean Calas apparaît dans une posture désespérée dans ce dessin. Il est vêtu d’habits sombres, son visage mis en lumière à la bougie du Capitoul et de son compagnon. Ses mains sont jointes devant son visage dans une posture de prière au ciel, de mêle que son visage est tourné vers le haut, ne regardant même pas le cadavre près de lui. On peut voir ici deux personnages : Anne-Rose Cabibel et dans ses bras Marc-Antoine Calas, victime de l’Affaire Calas. Anne-Rose Cabibel aborde une expression plus grave en tenant son fils dans ses bras. Le plus intéressant est de s’intéresser à Marc-Antoine Calas puisque ce dernier apparaît sans aucune trace lié à la pendaison contrairement aux autres représentations de sa mort. En effet, la corde et le tabouret sont présents plus loin et sont les seuls indices de la manière dont il est mort, sans réellement être sur que l’auteur ait voulu représenter ainsi la découverte du corps.
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Marc Antoine Calas est trouvé pendu dans la boutique familiale à ToulouseCette représentation de la découverte du corps de Marc-Antoine Calas se place dans la lignée de la défense des Calas. En effet, il s’agit de montrer ici que Marc-Antoine Calas s’est suicidé par pendaison, et pas qu’il a été tué par strangulation comme avançaient les témoins et le Capitoul de Toulouse. Il y a donc deux personnages sur la scène : Marc-Antoine qui fait face au spectateur, pendu sur le pas de la porte de la boutique des Calas, et son frère ou son père qui essaye de le décrocher. La scène apparaît comme lumineuse ce qui permet de distinguer les détails permettant d’avancer la thèse du suicide comme le tabouret utilisé, la corde attachée au pas de la porte et les mains libres de Marc-Antoine qui montre qu’il n’était pas attaché et donc en possibilité de se défendre en cas de meurtre.
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Portrait Jean CalasLe portrait est issus d’une lithographie sur les adieux de Jean Calas à sa famille. On voit ici que le portrait a centré Jean Calas et sa femme dans leurs adieux. Il s’agit de représenter une scène tragique puisque ce sont les adieux des époux avant la mise à mort de Jean Calas. On peut voir une résignation dans le regard des époux, l’auteur a voulu mettre l’accent sur le désespoir des époux, le lien qui les unit. Jean Calas apparaît donc comme quelqu’un de résigné, il ne regarde que son épouse qui fixe le vide quant à elle. L’illustration est utilisée par le Musée du protestantisme pour montrer les adieux des époux.
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Morts sous le règneLa représentation iconographique a longtemps servi pour représenter l’affaire Calas puisqu’elle montre les morts, les condamnés à mort, qui ont eu lieu durant l’Ancien Régime. Il s’agit de montrer que le convoi pour la condamnation à mort est quelque chose établi selon des règles : on n’enterre pas le condamné à mort, on va laisser son cadavre a l’air libre en dehors de la ville ou bien le brûler car on considère qu’il ne doit pas avoir de corps à reprendre lors du Jugement Dernier. Cette illustration est antérieure à l’affaire Calas mais permet de montrer les coutumes qui ont lieu avec la condamnation à mort, qui se fait sur une place dans la ville, avec des manières de tuer différentes selon le crime. Dans notre cas, Jean Calas a été condamné au supplice de la roue.
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L'Affaire CalasElle représente le moment où Jean Calas est surpris près du corps de son fils, Marc-Antoine, dans l’arrière-boutique qu’il possède, le 13 octobre 1761 au soir. Alors que la scène se déroule le soir aux alentours de 22 heures, on peut voir en arrière-fond un paysage plutôt clair qui contraste avec l’intérieur de la boutique et son fond sombre. Il y a certes trois personnages qui se détachent : Jean Calas ( accusé ), Marc-Antoine Calas ( victime ) et le Capitoul ( accusateur ), mais plus que ça, il y a une foule entière contre Jean Calas lorsque le Capitoul l’accuse. Si l’on reprend le contexte général, l’affaire Calas se déroule durant des tensions religieuses importantes à Toulouse entre les catholiques et les protestants qui sont surveillés de manière importante. Les Calas sont une famille protestante, dont la religion reste assez mal perçue par les catholiques qui s’en méfient. Ainsi, la solitude de Jean Calas face à la foule montre donc que les protestants sont minoritaires face au catholique. Le Capitoul de Toulouse est une fonction élective. Il était donc élu pour un an et avait l’exercice de la police et celui de la justice criminelle et civile. le Capitoul apparaît donc comme un procureur de justice, en plus de gérer la police et la résolution des affaires. Ici, il se place dans la lumière, en accusant Jean Calas du doigt, le geste et la couleur le met en opposition face à l’accusé. Il apparaît aussi soutenu par la foule qui se masse derrière lui. Le Capitoul est une figure catholique, il est ainsi un investigateur et réprime fortement la présence protestante dans la ville de Toulouse. Marc-Antoine Calas, fils aîné de Jean Calas et de Anne-Rose Cabibel, apparaît ici représenté sous sa forme de cadavre, une corde au cou. La corde est le symbole de la manière dont il s’est donné la mort, en se pendant. Néanmoins, le détail reste discret et ainsi aux pieds de Jean Calas, il apparaît plutôt comme ayant été tué par son père. Jean Calas, principal accusé, se tient seul au milieu de la scène. Il apparaît en paradoxe avec le Capitoul qui lui semble entouré par une foule de passants, de voisins. Il semble aussi sous le choc de l’accusation, au vu de sa posture, les mains lachées, restant auprès de son fils. On peut aussi noter que Jean Calas semble se trouver à la limite entre la pénombre et la lumière, entre son fils et le Capitoul. Il est le personnage central de l’œuvre, mais aussi le seul qui ne fait pas réellement face au spectateur qui ne peut pas apercevoir son expression ou les traits de son visage.
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Les adieux de Calas à sa familleL’estampe est éditée l’année suivant la condamnation à mort de Jean Calas. Elle a été réalisée à Berlin, ce qui montre la dimension européenne de l’Affaire, dans un contexte qui à Toulouse est un affrontement entre catholiques et protestants. La citation “ Je crains Dieu… et n’ai point d’autre craine ” montre aussi la volonté de l’auteur de montrer la justice arbitraire et injuste de l’accusé. Ce dernier apparaît donc comme une victime de la justice française, qu’il ne craint cependant pas car la justice la plus importante au XVIIIe siècle reste la justice divine. Les personnages au centre de l’estampe sont Jean Calas et sa femme. Ils sont enlacés par des enfants, de jeunes personnes, tous ont une expression de gravité. On peut aussi dire que la figure de Jean Calas montre sa résignation, il dit adieu à sa famille avant sa condamnation à mort. Le marchand, qui auparavant était assez riche, ne porte plus que des habits débraillés. Sa femme a posé sa tête sur celle de Jean Calas, dans une tentative de soutien. Elle regarde le vide alors que son mari la regarde elle. On peut distinguer ici deux personnages que l’on peut réellement décrire : un moine qui passe la porte et un militaire, un gardien de prison, qui lui ouvre. Le militaire porte un chapeau tricorne et se place en retrait dans l’ombre. On ne le distingue pas réellement, mais on peut supposer qu’il porte le même uniforme que son camarade, de dos au spectateur. Le moine semble prendre une place plus importante. Il est bien visible, on le reconnaît à ses habits et à sa tonsure. La figure du clerc peut donc montrer deux choses : d’abord que Jean Calas s’apprête à recevoir le dernier sacrement et donc qu’il sera bientôt amené à sa condamnation à mort, mais surtout qu’il y a une sorte de moquerie de la part des institutions puisque c’est un catholique qui vient recevoir les dernières paroles d’un protestant.
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Voltaire promettant son appui à la famille CalasLa lithographie met donc en scène Voltaire face aux Calas, sans Jean Calas qui a été condamné à mort. Il y a deux styles de vie qui semblent s’opposer : Voltaire et une femme accompagnés d’un domestique qui semblent prendre le thé face aux Calas qui sont suppliants, vêtus d’habits plus sombres et d’une calèche rappelant leur fonction de marchand. Il semble que Voltaire et la femme en face de lui représentent les Lumières, grâce à la plume qu’il tient et tout les livres éparpillés autour d’eux. Ils semblent habillés de manière colorées, claires, en opposition avec les Calas. On peut ainsi penser, avec une vision plus tardive évidemment, que le philosophe et la femme représentent le courant des Lumières face à l’obscurantisme. Ils apparaissent donc comme cultivés, riches et comme des protecteurs. On retrouve ainsi l’idée du défenseur prenant ses plaintes à même chez lui. La famille Calas apparaît dans des habits et des postures plus sombres que pour Voltaire. En effet, ils portent des habits noirs, peu colorés, en accord avec le dogme protestant qui privilégie le noir, mais aussi dans les habits de deuil que l’on peut considérer ainsi comme Jean Calas a été condamné à mort. Le soutient de Voltaire apparaît primordial, certains semblent le supplier, lui baiser ou attraper ses pieds pour qu’il accepte ou pour le remercier. Voltaire est donc une figure éminente dans la défense des Calas qui n’ont pas eu le droit à un avocat, ne connaissent pas le déroulé de l’Affaire et les preuves à leur charge. Le philosophe est donc un accès à la connaissance juridique pour eux.
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La malheureuse famille CalasDans l’attente d’un jugement favorable, finalement obtenu le 9 mars 1765, les Calas se constituent prisonniers à Paris en février de la même année. Le peintre Carmontelle en dresse le portrait dans la prison de la Conciergerie, image dont Jean-Baptiste Delafosse fait une gravure vendue au profit de la famille; Voltaire souscrit pour douze exemplaires dont l'un sera placé près de son lit à Ferney. L'estampe est reprise par d'autres graveurs ce qui lui assure une large diffusion. Deux fils de Jean Calas s'établiront à Genève dont ils obtiennent la bourgeoisie en 1770. Il y a deux magistrats qui font face aux femmes Calas. Le premier, en rouge, apparaît sérieux et semble lire un papier aux femmes Calas. On le met en avant par la couleur de ses habits, sa posture sérieuse et son visage plus grave que son partenaire. En effet, le deuxième magistrat semble presque critiqué par l’auteur. Il porte des habits sombres, mais semble presque grimper sur la chaise devant lui, fixant les femmes avec un sourire. L’auteur a certainement voulu mettre en parallèle les deux systèmes judiciaires que les Calas ont rencontré : le magistrat en rouge apparaît comme le Parlement de Paris qui reste sérieux dans ses actions, alors que le magistrat en noir représente le Capitoul de Toulouse et les magistrats qui ont condamné les Calas sans réelle preuve du meurtre. Les trois femmes autour du banc font parti de la famille Calas, elles portent des habits sombres, dans la continuité du dogme protestant, et riches. La quatrième femme est la servante des Calas, Jeanne Viguière, reconnaissable à ses habits plus modestes. Les femmes semblent en confiance dans leur posture, et pas accablées comme dans les autres représentations de l’affaire Calas, certaines semblent même aborder un sourire
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La malheureuse famille CalasIl s’agit de représenter les femmes de la famille Calas lors de leur séjour en prison ou bien lors de leur témoignage sur la mort de Marc-Antoine Calas. La scène a lieu dans une prison, ou bien dans le tribunal de Paris. Il s’agit de montrer les épreuves de la famille face aux magistrats de Toulouse. Cette situation a lieu lorsque les Calas demandent la révision du procès à titre posthume de Jean Calas pour sa réhabilitation grâce à l’aide de Voltaire qui n’est pas présent. Il ne s’agit pas de la gravure originale mais d’une reprise, il y en a eu de nombreuses comme on souhaitait mettre en avant les femmes Calas et la nouvelle action judiciaire face aux Parlementaires de Paris, où la révision du procès avait lieu. Il y a donc deux hommes, habillés de manière plutôt riche, des nobles magistrats certainement, qui font face aux femmes Calas et à leur servante lors de la révision du procès Calas. Ils sont près d’un bureau et celui à droite tient une feuille, certainement le procès verbal ou des questions posées aux femmes Calas. Il s’agit donc de représenter les nouveaux protagonistes de l’affaire lors de la révision du procès des Calas. On y voit quatre femmes présentes : la mère Calas, ses deux filles et leur servante catholique, Jeanne Viguière. Les quatre étaient accusées lors du procès pour la mort de Marc-Antoine Calas, bien que les filles étaient absentes. Jeanne Viguière était une catholique au service des protestants, selon une loi qui forçait toutes les familles bourgeoises protestantes d’en avoir une. Elle a cependant été considérée à Toulouse comme une victime de l’affare, car catholique, et même comme une bonne figure catholique étant donné que la base de l’affaire est la volonté de Marc-Antoine de se convertir au catholicisme. Mis à part Jeanne, les femmes Calas semblent toutes habillées en noir, couleur du deuil ou bien de leur religion protestante.
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Découverte du corps de Marc Antoine Calas (Blin de Sainmore, Lettre de Jean Calas à sa femme)Il s’agit de représenter la découverte du corps de Marc-Antoine Calas par sa famille dans leur boutique. La scène ici montre quatre personnages : Marc-Antoine, mort, dans les bras de sa mère, Jean Calas près d’eux, et certainement l’un de ses frères qui entre dans la pièce. L’homme qui entre dans la pièce apparaît en retrait, comme s’il n’osait pas intervenir, ou bien qu’il voulait fuir. Il apparaît en contradiction avec Jean Calas, avec une attitude peu expressive. Le détail autour du cou de Marc-Antoine permet de constater que l’auteur a voulu le représenter comme mort en se suicidant par pendaison. En effet, il porte encore la corde à son cou et on peut voir le tabouret qui lui a servi à se hisser pour procéder à son oeuvre. Au dessus, sa mère apparaît en le tenant dans ses bras après l’avoir allongé dans l’arrière-boutique, les personnages ne semblent pas avoir de réelles expressions, Marc-Antoine a la tête relevée vers le ciel, et sa mère semble regarder la corde autour de son cou. L’auteur a peut être voulu représenter le désarroi de la mère, a une époque où le suicide était considéré comme la damnation. Jean Calas a une posture très expressive, il se tient au dessus de sa femme, la tête vers le haut, les poings serrés entre eux dans une sorte de posture de prière, ou de demande. Son visage est aussi très expressif bien qu’à moitié caché par ses bras, on peut voir qu’il semble ouvrir la bouche pour crier ce qui renforce l’idée de la demande, du désespoir face à la perte de son fils aîné.
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Voltaire promettant son appui à la famille CalasLa peinture illustre la demande des Calas pour avoir le soutien de Voltaire dans leur défense durant l’Affaire Calas. Il y a donc une opposition entre les Calas et Voltaire qui sont séparés et adoptent des postures différentes. Voltaire apparaît en retrait, étant assis, mais son visage montre aussi sa confiance face aux Calas qui sont plus nombreux, debouts, mais semblent désespérés face au Philosophe. Voltaire apparaît seul face aux Calas, un léger sourire au visage, qui pourrait correspondre à une figure plus assuré sur le déroulement de l’affaire. Il porte des vêtements colorés et ajourés ainsi qu’une perruque. Dans une de ses mains, il porte une canne à pomeau, symbole de sa richesse, de son âge et aussi de son statut noble. Dans l’autre main, il tient un livre qui montre sa place dans le courant des Lumières et aussi son importante connaissance. Les Calas apparaissent comme une famille plus variée, avec des enfants et adultes. Ils sont habillés avec des vêtements plus sobres sans pour autant être des tenues de deuil. Leurs postures semblent suppliantes pour les adultes, la femme en retrait semble même essuyer ses yeux ou cacher des larmes.










