Conclusion qui synthétise les enseignements moraux centraux développés par Christine de Pizan. Il illustre l’importance de la quête de vérité et de sagesse, indépendamment de l’origine ou du statut social de celui qui les transmet. Christine mobilise ici César Auguste, un empereur des Romains (“Cesar Augustus”), à travers un épisode où Sibylle de Cumes (“Sebille Cumana”), prophétesse païenne, révèle à Auguste une vision divine de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus, affirmant : “et quil nestoit fors un seul Dieu qui tout avoit cree” ; “lui dist que cellui estoit vray dieu qui estre aouré devoit et adont Cesar laoura”. Auguste est ici figure de pouvoir et de paix (“il seignourisoit paisiblement”). Il reconnaît alors une vérité transmise par une femme, illustrant ainsi l’idée que la sagesse féminine peut éclairer même les plus puissants, comme Othéa a pu le faire à Hector : “apprist aconoistre dieu ala creance dune femme”.
Texte issu du chapitre 67 se concentre sur Orphée, à la fois en tant que figure mythologique et allégorique, évoquant la tension entre le plaisir de l’art et le devoir chevaleresque. Le texte commence par : “Trop ne tassotes de la lire” ; “Orpheus se tu veulx eslire” ; “Armes pour principal mestier” ; “dinstrumens suivre nas mestier”. Ces vers sont une mise en garde contre une excessive fascination pour la musique et les plaisirs qu’elle procure. Elle établit une opposition fondamentale entre deux vocations : la voie des armes (“principal mestier”) correspondant au rôle traditionnel du chevalier ; et les instruments et distractions charnelles (“delices charnelles”) et mondaines (“compaignie mondaine”). La musique ici symbolise les plaisirs, perçus comme un danger pour celui qui doit se consacrer à des devoirs plus nobles. Orphée est cité comme exemple négatif, non pour sa virtuosité, mais pour ce qu’elle représente : un risque de distraction et d’oisiveté.
La glose décrit Orphée comme un poète et musicien capable d’exercer une influence sur la nature l’entourant : il “savoit jouer de la lire que mesmes les eaues courans en retournoient leurs cours et les oyseaux de lair, les bestes sauvages et les fiers serpens en oublioient leur cruaulte et sarestoient a en escoutant le son de la lire”. Cette fascination pour la musique est vue comme une “oysiveté” (oisiveté), dangereuse pour le chevalier.
La figure de Jason et la conquête de la Toison d'or offrent une mise en garde contre l'ingratitude et la déloyauté, des fautes considérées comme graves tant dans l'éthique chevaleresque que dans la religion chrétienne.
Représente une scène d’accumulation matérielle. La composition intimiste, où trois personnages sont enfermés dans un espace restreint, symbolise l’avidité et la possession. Au centre de l’image, un homme richement vêtu, probablement une allégorie de l’avare, donne des instructions. Sa main levée, signe d’autorité, illustre son contrôle sur les richesses accumulées. L’homme à gauche est penché pour placer ou prendre un sac volumineux dans un coffre, représentant explicitement la possession de richesse. Le coffre, un objet lourd et fermé, symbolise l’avarice et le désir de conserver les biens à l’abri des autres. Le personnage à droite, à la porte, porte aussi un sac semblant lourd, donc plein de richesses. Bien que Junon ne soit pas directement visible, sa présence est suggérée par l’atmosphère de la scène. Elle incarne ici l’influence négative de la richesse sur les relations humaines, où tout semble tourner autour du péché de l’avarice.
Affirmation de l'importance du savoir : “Moult te deliites ou savons, Yo plus que nul autre avoir.” ; “Car parce pouras moult apprendre et du bien largement yprendre”. Le savoir est présenté comme un moyen d’élévation morale et spirituelle. La glose évoque la figure de Io, un personnage mythologique liée à Jupiter et transformée en vache (“elle devint vache” ; “Yo fu amie Jupiter et que vache devint”). La vache donne du lait, un aliment nourrissant et essentiel, ce qui pourrait symboliser la manière dont la connaissance nourrit l'âme et l'esprit : "sicomme la vache donne lait lequel est doulx et nourrissant, elle donna par les lettres que elle trouva doulce nourriture a lentendement". L'aspect de Io devenu “femme commune” renvoie à l'idée que son savoir devient accessible à tous : “et puis femme commune puetestre entendu que son senst fu commun atous, comme lettres soient communes atoutes gens.”.
Souligne l’universalité des écrits et des enseignements, qui sont accessibles à tous ceux qui cherchent la connaissance. Le savoir n'est pas exclusif, mais doit être partagé et transmis, ce qui reflète l’idéal d’un savoir collectif, essentiel pour le chevalier. Cette idée est renforcée par la citation d'Hermès : “Qui sefforce daquerir science et bonnes meurs, il treuve ce qui lui plaist en ce monde et en lautre”. Cette citation rappelle que l’effort de se consacrer à l’acquisition des connaissances est la clé de la paix, tant dans ce monde-ci que dans l’au-delà. La recherche de la connaissance et de la vertu devient donc une quête spirituelle menant à la perfection morale et au salut de l’âme.
Diane, déesse de la lune et de la chasteté, pour enseigner l’importance de “lonnesteté de/du (ton) corps”. Elle est associée ici à une pureté morale, devenant une figure doublement symbolique : à la fois mythologique et chrétienne. Par une assimilation théologique, Christine écrit : “prendrons pour Diane Dieu de paradis le quel est sans tache aucune ameur de toute netteté”, transformant ainsi Diane en un archétype de perfection divine, lié à la foi chrétienne
Elle renforce cette vertu par une citation d’Hermès : “Cellui ne pouroit est de parfait sens qui en lui naroit chasteté”, liant chasteté et sagesse comme piliers de l’idéal chevaleresque. Enfin, elle invoque le Credo : “Credo in Deum, patrem omnipotentem, creatorem celi et terre” (Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre), soulignant que la pureté de l’âme est indissociable de la foi
Il s’agit de représenter la découverte du corps de Marc-Antoine Calas par sa famille dans leur boutique. La scène ici montre quatre personnages : Marc-Antoine, mort, dans les bras de sa mère, Jean Calas près d’eux, et certainement l’un de ses frères qui entre dans la pièce.
L’homme qui entre dans la pièce apparaît en retrait, comme s’il n’osait pas intervenir, ou bien qu’il voulait fuir. Il apparaît en contradiction avec Jean Calas, avec une attitude peu expressive.
Le détail autour du cou de Marc-Antoine permet de constater que l’auteur a voulu le représenter comme mort en se suicidant par pendaison. En effet, il porte encore la corde à son cou et on peut voir le tabouret qui lui a servi à se hisser pour procéder à son oeuvre.
Au dessus, sa mère apparaît en le tenant dans ses bras après l’avoir allongé dans l’arrière-boutique, les personnages ne semblent pas avoir de réelles expressions, Marc-Antoine a la tête relevée vers le ciel, et sa mère semble regarder la corde autour de son cou. L’auteur a peut être voulu représenter le désarroi de la mère, a une époque où le suicide était considéré comme la damnation.
Jean Calas a une posture très expressive, il se tient au dessus de sa femme, la tête vers le haut, les poings serrés entre eux dans une sorte de posture de prière, ou de demande.
Son visage est aussi très expressif bien qu’à moitié caché par ses bras, on peut voir qu’il semble ouvrir la bouche pour crier ce qui renforce l’idée de la demande, du désespoir face à la perte de son fils aîné.
La "bête de Singlais" ou "bête de Caen" est un animal ayant sévi par ses penchants gastronomiques envers la chair humaine. Sa première attaque aurait eu lieu en 1632. On lui attribue une trentaine de repas similaires, ce qui a commencé à ennuyer les locaux qui se sont vus dans l'obligation de lui retirer la vie.
Relation entre le chevalier Hector et Mars, le dieu de la guerre (et père symbolique). La réflexion débute par une affirmation sur l’héritage familial et l’influence de Mars sur les actions des chevaliers : “Mars ton pere, je nen doubt pas” ; “Tu ensuivras bien en tout pas” ; “Car ta noble condicion Itrait ton inclination”. Christine de Pizan insiste ici sur la noblesse et la destinée d’Hector, soulignant que son inclination vers les armes et la chevalerie découle de sa nature et de son héritage. Mars, dieu associé à la guerre, serait vu comme le “père spirituel” de tout chevalier qui suit cette voie : “esuivroit son pere, ce que tout bon chevalier doit faire”. Le passage fait appel à l’idée que l’honneur et la valeur d’un chevalier se reflètent dans ses actions. Mars, qui, par son association avec la guerre, incite donc les chevaliers à embrasser la bataille. Il est non seulement le dieu de la guerre, mais dans ce contexte, il symbolise aussi la force, la discipline et la noblesse du chevalier.