François André-Bonte a été marchand de dentelles avant de devenir maire de Lille de décembre 1791 à décembre 1792, il est célèbre pour sa réponse aux Autrichiens lors du siège de Lille de 1792. Albert Darcq, un sculpteur lillois, a rendu hommage au maire André en lui faisant ce buste qui est aujourd’hui exposé au musée des Canonniers de Lille.
Le plat à barbe Lillois est une peinture de Louis Joseph Watteau qui met en scène le barbier Maes qui est représenté au centre du tableau. Il rase un client au milieu des décombres du quartier Saint-Sauveur et se sert d’un éclat de bombe comme plat à barbe. C’est un épisode dont a été témoin le peintre qui a décidé d’en faire une peinture. Il y a une chanson qui a été faite en hommage au barbier Maes et dans le centre de Lille, il y a une rue qui porte son nom.
Cette gravure nous montre les Lillois faisant face au bombardement de l’armée Autrichienne. Au centre de la partie inférieure de cette gravure on peut voir un Lillois qui jette un boulet rouge (en feu) dans d’un tonneau d’eau. En dessous de cette gravure, il y est écrit “les derniers jours de Septembre 1792, la Ville de Lille fut bombardée par les autrichiens animés par la présence de la gouvernante des Pays-Bas qui donna le signal en mettant elle même le feu à la première bombe, le courage de la garnison et des habitants rendirent inutiles leurs efforts”.
Cette estampe montre Marie Christine, l’archiduchesse d’Autriche et épouse d’Albert de Saxe, qui est la sœur de Marie Antoinette, la reine de France, en train d’allumer la mèche d’un canon pour bombarder la ville de Lille.
Carte du bombardement de Lille par l'armée autrichienne en 1792. On peut voir que les Autrichiens se sont positionnés au sud-est de Lille vers les quartiers de Fives et d’Hellemes car ces quartiers sont les plus éloignés de la citadelle de Lille, rendant alors plus difficile la défense de la ville.
Incendie de l'église Saint-Étienne après son bombardement lors du siège de Lille où elle a été détruite. Aujourd’hui, à son emplacement, on a tracé la rue des Débris-Saint-Etienne.
Elle représente le moment où Jean Calas est surpris près du corps de son fils, Marc-Antoine, dans l’arrière-boutique qu’il possède, le 13 octobre 1761 au soir.
Alors que la scène se déroule le soir aux alentours de 22 heures, on peut voir en arrière-fond un paysage plutôt clair qui contraste avec l’intérieur de la boutique et son fond sombre.
Il y a certes trois personnages qui se détachent : Jean Calas ( accusé ), Marc-Antoine Calas ( victime ) et le Capitoul ( accusateur ), mais plus que ça, il y a une foule entière contre Jean Calas lorsque le Capitoul l’accuse.
Si l’on reprend le contexte général, l’affaire Calas se déroule durant des tensions religieuses importantes à Toulouse entre les catholiques et les protestants qui sont surveillés de manière importante. Les Calas sont une famille protestante, dont la religion reste assez mal perçue par les catholiques qui s’en méfient. Ainsi, la solitude de Jean Calas face à la foule montre donc que les protestants sont minoritaires face au catholique.
Le Capitoul de Toulouse est une fonction élective. Il était donc élu pour un an et avait l’exercice de la police et celui de la justice criminelle et civile. le Capitoul apparaît donc comme un procureur de justice, en plus de gérer la police et la résolution des affaires.
Ici, il se place dans la lumière, en accusant Jean Calas du doigt, le geste et la couleur le met en opposition face à l’accusé. Il apparaît aussi soutenu par la foule qui se masse derrière lui.
Le Capitoul est une figure catholique, il est ainsi un investigateur et réprime fortement la présence protestante dans la ville de Toulouse.
Marc-Antoine Calas, fils aîné de Jean Calas et de Anne-Rose Cabibel, apparaît ici représenté sous sa forme de cadavre, une corde au cou. La corde est le symbole de la manière dont il s’est donné la mort, en se pendant. Néanmoins, le détail reste discret et ainsi aux pieds de Jean Calas, il apparaît plutôt comme ayant été tué par son père.
Jean Calas, principal accusé, se tient seul au milieu de la scène. Il apparaît en paradoxe avec le Capitoul qui lui semble entouré par une foule de passants, de voisins.
Il semble aussi sous le choc de l’accusation, au vu de sa posture, les mains lachées, restant auprès de son fils.
On peut aussi noter que Jean Calas semble se trouver à la limite entre la pénombre et la lumière, entre son fils et le Capitoul. Il est le personnage central de l’œuvre, mais aussi le seul qui ne fait pas réellement face au spectateur qui ne peut pas apercevoir son expression ou les traits de son visage.
L’estampe est éditée l’année suivant la condamnation à mort de Jean Calas. Elle a été réalisée à Berlin, ce qui montre la dimension européenne de l’Affaire, dans un contexte qui à Toulouse est un affrontement entre catholiques et protestants.
La citation “ Je crains Dieu… et n’ai point d’autre craine ” montre aussi la volonté de l’auteur de montrer la justice arbitraire et injuste de l’accusé. Ce dernier apparaît donc comme une victime de la justice française, qu’il ne craint cependant pas car la justice la plus importante au XVIIIe siècle reste la justice divine.
Les personnages au centre de l’estampe sont Jean Calas et sa femme. Ils sont enlacés par des enfants, de jeunes personnes, tous ont une expression de gravité.
On peut aussi dire que la figure de Jean Calas montre sa résignation, il dit adieu à sa famille avant sa condamnation à mort. Le marchand, qui auparavant était assez riche, ne porte plus que des habits débraillés.
Sa femme a posé sa tête sur celle de Jean Calas, dans une tentative de soutien. Elle regarde le vide alors que son mari la regarde elle.
On peut distinguer ici deux personnages que l’on peut réellement décrire : un moine qui passe la porte et un militaire, un gardien de prison, qui lui ouvre.
Le militaire porte un chapeau tricorne et se place en retrait dans l’ombre. On ne le distingue pas réellement, mais on peut supposer qu’il porte le même uniforme que son camarade, de dos au spectateur.
Le moine semble prendre une place plus importante. Il est bien visible, on le reconnaît à ses habits et à sa tonsure. La figure du clerc peut donc montrer deux choses : d’abord que Jean Calas s’apprête à recevoir le dernier sacrement et donc qu’il sera bientôt amené à sa condamnation à mort, mais surtout qu’il y a une sorte de moquerie de la part des institutions puisque c’est un catholique qui vient recevoir les dernières paroles d’un protestant.
La lithographie met donc en scène Voltaire face aux Calas, sans Jean Calas qui a été condamné à mort. Il y a deux styles de vie qui semblent s’opposer : Voltaire et une femme accompagnés d’un domestique qui semblent prendre le thé face aux Calas qui sont suppliants, vêtus d’habits plus sombres et d’une calèche rappelant leur fonction de marchand.
Il semble que Voltaire et la femme en face de lui représentent les Lumières, grâce à la plume qu’il tient et tout les livres éparpillés autour d’eux. Ils semblent habillés de manière colorées, claires, en opposition avec les Calas. On peut ainsi penser, avec une vision plus tardive évidemment, que le philosophe et la femme représentent le courant des Lumières face à l’obscurantisme.
Ils apparaissent donc comme cultivés, riches et comme des protecteurs. On retrouve ainsi l’idée du défenseur prenant ses plaintes à même chez lui.
La famille Calas apparaît dans des habits et des postures plus sombres que pour Voltaire. En effet, ils portent des habits noirs, peu colorés, en accord avec le dogme protestant qui privilégie le noir, mais aussi dans les habits de deuil que l’on peut considérer ainsi comme Jean Calas a été condamné à mort.
Le soutient de Voltaire apparaît primordial, certains semblent le supplier, lui baiser ou attraper ses pieds pour qu’il accepte ou pour le remercier.
Voltaire est donc une figure éminente dans la défense des Calas qui n’ont pas eu le droit à un avocat, ne connaissent pas le déroulé de l’Affaire et les preuves à leur charge. Le philosophe est donc un accès à la connaissance juridique pour eux.
Dans l’attente d’un jugement favorable, finalement obtenu le 9 mars 1765, les Calas se constituent prisonniers à Paris en février de la même année. Le peintre Carmontelle en dresse le portrait dans la prison de la Conciergerie, image dont Jean-Baptiste Delafosse fait une gravure vendue au profit de la famille; Voltaire souscrit pour douze exemplaires dont l'un sera placé près de son lit à Ferney. L'estampe est reprise par d'autres graveurs ce qui lui assure une large diffusion. Deux fils de Jean Calas s'établiront à Genève dont ils obtiennent la bourgeoisie en 1770.
Il y a deux magistrats qui font face aux femmes Calas. Le premier, en rouge, apparaît sérieux et semble lire un papier aux femmes Calas. On le met en avant par la couleur de ses habits, sa posture sérieuse et son visage plus grave que son partenaire.
En effet, le deuxième magistrat semble presque critiqué par l’auteur. Il porte des habits sombres, mais semble presque grimper sur la chaise devant lui, fixant les femmes avec un sourire. L’auteur a certainement voulu mettre en parallèle les deux systèmes judiciaires que les Calas ont rencontré : le magistrat en rouge apparaît comme le Parlement de Paris qui reste sérieux dans ses actions, alors que le magistrat en noir représente le Capitoul de Toulouse et les magistrats qui ont condamné les Calas sans réelle preuve du meurtre.
Les trois femmes autour du banc font parti de la famille Calas, elles portent des habits sombres, dans la continuité du dogme protestant, et riches.
La quatrième femme est la servante des Calas, Jeanne Viguière, reconnaissable à ses habits plus modestes.
Les femmes semblent en confiance dans leur posture, et pas accablées comme dans les autres représentations de l’affaire Calas, certaines semblent même aborder un sourire
Il s’agit de représenter les femmes de la famille Calas lors de leur séjour en prison ou bien lors de leur témoignage sur la mort de Marc-Antoine Calas. La scène a lieu dans une prison, ou bien dans le tribunal de Paris.
Il s’agit de montrer les épreuves de la famille face aux magistrats de Toulouse. Cette situation a lieu lorsque les Calas demandent la révision du procès à titre posthume de Jean Calas pour sa réhabilitation grâce à l’aide de Voltaire qui n’est pas présent.
Il ne s’agit pas de la gravure originale mais d’une reprise, il y en a eu de nombreuses comme on souhaitait mettre en avant les femmes Calas et la nouvelle action judiciaire face aux Parlementaires de Paris, où la révision du procès avait lieu.
Il y a donc deux hommes, habillés de manière plutôt riche, des nobles magistrats certainement, qui font face aux femmes Calas et à leur servante lors de la révision du procès Calas.
Ils sont près d’un bureau et celui à droite tient une feuille, certainement le procès verbal ou des questions posées aux femmes Calas.
Il s’agit donc de représenter les nouveaux protagonistes de l’affaire lors de la révision du procès des Calas.
On y voit quatre femmes présentes : la mère Calas, ses deux filles et leur servante catholique, Jeanne Viguière.
Les quatre étaient accusées lors du procès pour la mort de Marc-Antoine Calas, bien que les filles étaient absentes.
Jeanne Viguière était une catholique au service des protestants, selon une loi qui forçait toutes les familles bourgeoises protestantes d’en avoir une. Elle a cependant été considérée à Toulouse comme une victime de l’affare, car catholique, et même comme une bonne figure catholique étant donné que la base de l’affaire est la volonté de Marc-Antoine de se convertir au catholicisme.
Mis à part Jeanne, les femmes Calas semblent toutes habillées en noir, couleur du deuil ou bien de leur religion protestante.
Colonne de soldats partant en première ligne. On peut constater que les soldats à l’avant sont en train de courir. L’image dégage un sentiment d’urgence. Ce sentiment est contrasté par les jeunes enfants au premier plan à gauche, et les adultes de l’autre côté, qui les observe immobiles en train de passer.
Les homosexuels féminisés dans leur tenue et leur attitude par la caricature : l’homosexualité apparait comme un affront à la masculinité. Un homosexuel ne serait pas un vrai homme.