Diane, déesse de la lune et de la chasteté, pour enseigner l’importance de “lonnesteté de/du (ton) corps”. Elle est associée ici à une pureté morale, devenant une figure doublement symbolique : à la fois mythologique et chrétienne. Par une assimilation théologique, Christine écrit : “prendrons pour Diane Dieu de paradis le quel est sans tache aucune ameur de toute netteté”, transformant ainsi Diane en un archétype de perfection divine, lié à la foi chrétienne
Elle renforce cette vertu par une citation d’Hermès : “Cellui ne pouroit est de parfait sens qui en lui naroit chasteté”, liant chasteté et sagesse comme piliers de l’idéal chevaleresque. Enfin, elle invoque le Credo : “Credo in Deum, patrem omnipotentem, creatorem celi et terre” (Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre), soulignant que la pureté de l’âme est indissociable de la foi
Il s’agit de représenter la découverte du corps de Marc-Antoine Calas par sa famille dans leur boutique. La scène ici montre quatre personnages : Marc-Antoine, mort, dans les bras de sa mère, Jean Calas près d’eux, et certainement l’un de ses frères qui entre dans la pièce.
L’homme qui entre dans la pièce apparaît en retrait, comme s’il n’osait pas intervenir, ou bien qu’il voulait fuir. Il apparaît en contradiction avec Jean Calas, avec une attitude peu expressive.
Le détail autour du cou de Marc-Antoine permet de constater que l’auteur a voulu le représenter comme mort en se suicidant par pendaison. En effet, il porte encore la corde à son cou et on peut voir le tabouret qui lui a servi à se hisser pour procéder à son oeuvre.
Au dessus, sa mère apparaît en le tenant dans ses bras après l’avoir allongé dans l’arrière-boutique, les personnages ne semblent pas avoir de réelles expressions, Marc-Antoine a la tête relevée vers le ciel, et sa mère semble regarder la corde autour de son cou. L’auteur a peut être voulu représenter le désarroi de la mère, a une époque où le suicide était considéré comme la damnation.
Jean Calas a une posture très expressive, il se tient au dessus de sa femme, la tête vers le haut, les poings serrés entre eux dans une sorte de posture de prière, ou de demande.
Son visage est aussi très expressif bien qu’à moitié caché par ses bras, on peut voir qu’il semble ouvrir la bouche pour crier ce qui renforce l’idée de la demande, du désespoir face à la perte de son fils aîné.
La "bête de Singlais" ou "bête de Caen" est un animal ayant sévi par ses penchants gastronomiques envers la chair humaine. Sa première attaque aurait eu lieu en 1632. On lui attribue une trentaine de repas similaires, ce qui a commencé à ennuyer les locaux qui se sont vus dans l'obligation de lui retirer la vie.
Relation entre le chevalier Hector et Mars, le dieu de la guerre (et père symbolique). La réflexion débute par une affirmation sur l’héritage familial et l’influence de Mars sur les actions des chevaliers : “Mars ton pere, je nen doubt pas” ; “Tu ensuivras bien en tout pas” ; “Car ta noble condicion Itrait ton inclination”. Christine de Pizan insiste ici sur la noblesse et la destinée d’Hector, soulignant que son inclination vers les armes et la chevalerie découle de sa nature et de son héritage. Mars, dieu associé à la guerre, serait vu comme le “père spirituel” de tout chevalier qui suit cette voie : “esuivroit son pere, ce que tout bon chevalier doit faire”. Le passage fait appel à l’idée que l’honneur et la valeur d’un chevalier se reflètent dans ses actions. Mars, qui, par son association avec la guerre, incite donc les chevaliers à embrasser la bataille. Il est non seulement le dieu de la guerre, mais dans ce contexte, il symbolise aussi la force, la discipline et la noblesse du chevalier.
La peinture illustre la demande des Calas pour avoir le soutien de Voltaire dans leur défense durant l’Affaire Calas. Il y a donc une opposition entre les Calas et Voltaire qui sont séparés et adoptent des postures différentes.
Voltaire apparaît en retrait, étant assis, mais son visage montre aussi sa confiance face aux Calas qui sont plus nombreux, debouts, mais semblent désespérés face au Philosophe.
Voltaire apparaît seul face aux Calas, un léger sourire au visage, qui pourrait correspondre à une figure plus assuré sur le déroulement de l’affaire. Il porte des vêtements colorés et ajourés ainsi qu’une perruque.
Dans une de ses mains, il porte une canne à pomeau, symbole de sa richesse, de son âge et aussi de son statut noble.
Dans l’autre main, il tient un livre qui montre sa place dans le courant des Lumières et aussi son importante connaissance.
Les Calas apparaissent comme une famille plus variée, avec des enfants et adultes. Ils sont habillés avec des vêtements plus sobres sans pour autant être des tenues de deuil.
Leurs postures semblent suppliantes pour les adultes, la femme en retrait semble même essuyer ses yeux ou cacher des larmes.
La sorcière en question n'est autre que Clauda Brunyé. Elle a empoisonné le mari d'une femme à la demande de cette dernière. En plus de ce crime, les relations charnelles qu'elle aurait entretenu avec le diable ne faisaient pas bon genre... Cela lui a valu la condamnation au bûcher le 16 septembre 1568.
Représentation peu élogieuse de Marie-Antoinette en harpie, qui montre l'instrumentalisation de l'image du monstre pour dénoncer les rôles de Louis XVI et de Marie-Antoinette au pouvoir. Un mécontentement social et politique est exprimé.
Les légendes concernant les licornes ne sont pas l'apanage de la période médiévale, elles persistent jusqu'à l'époque moderne : en témoigne l'ouvrage de cet apothicaire montpelliérain, Laurens Catelan. Ce dernier donne de sages conseils afin de chasser les licornes et de s'emparer de leur attribut frontal tant convoité.
Christine de Pizan mobilise la figure allégorique “d’Attrempance” (Tempérance) pour enseigner une vertu fondamentale qu’est la modération et la maîtrise de soi. Othéa dit à Hector : “Quil te faut fault faire et que tu saches” ; “A toy les vertus plus propisses” ; “Pour mieulx parvenir aux premisses” ; “De vaillance chevalereuse” ; “Est doulce coye et attrempee” ; “Cest la deesse datrempance” ; “Qui sages est moulte layme et prise”. Ces vers soulignent d’emblée l’objectif de l’enseignement qui est d’inculquer les vertus nécessaires au chevalier. Parmi celles-ci, Tempérance est présentée comme indispensable. L’évocation d’Attrempance en tant que “seur germaine” d’Othéa est significative : elle établit une parenté symbolique entre les deux qualités fondamentales que sont la Prudence et la Tempérance. Ce lien est explicité dans la glose : “Attrempance est demonstrance de prudence, et de prudence s'ensuit attrempance”.
Christine montre que la maîtrise des passions découle de la sagesse et que l’une ne peut exister sans l’autre. Tempérance est au centre d’un équilibre moral nécessaire, non seulement au chevalier, mais à tout individu. L’enseignement est renforcé par des références à des autorités intellectuelles, comme Démocrite (Democritus) : “Attrempance amodere les vices et parfait les vertus.” Cette réflexion est enrichie par une comparaison à l’horloge. En effet, l’analogie entre le corps humain et une horloge met en lumière la question de l’auto-régulation des désirs et des impulsions. Elle articule son propos avec des citations bibliques, comme celle de saint Pierre : “Obsecro vos, tanquam advenas et peregrinos, abstinere vos a carnalibus desideriis que militant adversus animam.” (Je vous supplie, en tant que voyageurs et étrangers, de vous abstenir des désirs charnels, qui combattent l'âme). Ce passage place la maîtrise des désirs corporels au cœur de l’éthique chrétienne, soulignant que la Tempérance est aussi un impératif divin.
La monstruosité ne concerne pas seulement des créatures fantastiques ou des animaux dangereux, elle désigne aussi des individus atteints de malformations physiques, comme cette fratrie deux en un. Plus précisément, ce sont des "jumelles jointes" qu'on qualifieriait aujourd'hui de "soeurs siamoises".
Autre photographie du crâne de Jean-Louis Bourdini. En raison de cette anomalie, il était considéré comme un monstre :
“ Nous vîmes un homme d’environ quarante-cinq ans, à la tête énorme et monstrueuse. Sa circonférence atteignait quatre pieds ; son poids était estimé à soixante-dix-neuf livres. Cet homme était du reste de très petite taille et maigre au point que l’on aurait pu croire que les os n’étaient couverts que par la peau. Il ne pouvait pas marcher en raison du poids excessif de sa tête. Il parlait, mais d’une voix faible et plus qu’efféminée “, Juste Zinzerling, lors de sa visite à Marseille en 1612.
"Cet animal est très rare hors de l'Egypte, il est aussi grand et ressemble à un loup excepté qu'il n'a pas les jambes si longues, il a le poil rude et la peau couverte de tâches. Quelques uns le dépeignent avec la tête d'un matin, les oreilles courtes et triangulaires, la queue et les pieds d'un lion. Pline dit que l'hyène change de sexe tous les ans, c'est-à-dire qu'il est mâle une année, et femelle l'autre." Aristote et Elien disent qu'il rend les chiens muets par son ombre, qu'il imite la parole des hommes, et que par ce moyen, il les fait sortir de leurs maisons et les dévore. Ils disent aussi qu'il a les pieds d'un homme et point de vertèbres au cou. Il parut un de ces animaux aux jeux séculaires à Rome sous l'empereur Philippe." On voit par cette description que la bête du Gévaudan nourrit les fantasmes et relève également du spectaculaire.