Le 11 janvier 1613, des ossements sont retrouvés et attribués au géant Theutobocus puisqu’ils auraient été accompagnés de médailles portant le nom de Marius. Le squelette aurait été couché dans un tombeau de briques, avec un chapiteau de pierre grise sur laquelle était gravé : Theutobocus rex.
Les os auraient prouvé une taille de plus de 10 mètres et sont portés le 20 juillet 1613 à Paris puis à la Cour à Fontainebleau où Louis XIII s’étonna que de tels hommes aient vécu.
L’affaire fait grand bruit et l’existence historique de géants est combattue par le chirurgien Jean Riolan mais nombreux sont ceux qui y croient.
Finalement, en 1832, les os sont considérés par les scientifiques comme ceux d’un mastodonte des temps antédiluviens.
La Bête du Gévaudan attaque également des enfants innocents, comme ici Agnès Mourgues, jeune bergère alors âgée de 11 ans, attaquée à plus de 1 100 mètres d’altitude sur le front ouest du mont Mouchet. Elle tente de se défendre en lui jetant des pierres, en vain, avant d’être égorgée par son agresseur qui emporte son corps. Sa dépouille est retrouvée par d’autres gardiens. La bête a dévoré une partie de l’enfant, « les épaules, le devant des mamelles, le mollet d’une jambe ». Elle est inhumée le lendemain dans sa paroisse de Lorcières.
Cette estampe est issue du recueil de Magné de Marolles, qui édite un recueil de pièces éditant “tout ce qui a été dit” dans la presse sur le sujet ainsi que les estampes représentant la Bête. Coloriée à la gouache, cette estampe a un caractère narratif et illustre les attaques répétées de la bête. Cette estampe participe à la diffusion de l’affaire au près des populations locales et nourrit le mythe d’une bête féroce assoifée de sang humain.
La représentation d'une licorne par Catelan insiste bien sur la corne de licorne, qui est considérée comme ayant des propriétés pharmaceutiques multiples. La poudre de corne de licorne aurait des bienfaits médicaux pluriels.
Gilles Garnier aurait mutilé, démembré, assassiné des petites filles et des petits garçons entre 1572 et 1574. Suite à son arrestation, il est jugé, et lors de son procès, il "avoue" avoir des apparitions qui lui offrent la possibilité de se transformer en loup-garou. Il est condamné au bûcher le 18 janvier 1574 pour sorcellerie et lycanthropie.
Ce crâne appartenant à Jean-Louis Bourdini est exceptionnel à bien des égards : aussi bien par son volume que par l'âge de son détenteur au moment du décès. Le bougre a en effet persisté à (sur)vivre malgré sa constitution malingre jusqu'à atteindre l'âge relativement canonique de 50 ans.
La "bête de Singlais" ou "bête de Caen" est un animal ayant sévi par ses penchants gastronomiques envers la chair humaine. Sa première attaque aurait eu lieu en 1632. On lui attribue une trentaine de repas similaires, ce qui a commencé à ennuyer les locaux qui se sont vus dans l'obligation de lui retirer la vie.
La sorcière en question n'est autre que Clauda Brunyé. Elle a empoisonné le mari d'une femme à la demande de cette dernière. En plus de ce crime, les relations charnelles qu'elle aurait entretenu avec le diable ne faisaient pas bon genre... Cela lui a valu la condamnation au bûcher le 16 septembre 1568.
Représentation peu élogieuse de Marie-Antoinette en harpie, qui montre l'instrumentalisation de l'image du monstre pour dénoncer les rôles de Louis XVI et de Marie-Antoinette au pouvoir. Un mécontentement social et politique est exprimé.
Les légendes concernant les licornes ne sont pas l'apanage de la période médiévale, elles persistent jusqu'à l'époque moderne : en témoigne l'ouvrage de cet apothicaire montpelliérain, Laurens Catelan. Ce dernier donne de sages conseils afin de chasser les licornes et de s'emparer de leur attribut frontal tant convoité.
La monstruosité ne concerne pas seulement des créatures fantastiques ou des animaux dangereux, elle désigne aussi des individus atteints de malformations physiques, comme cette fratrie deux en un. Plus précisément, ce sont des "jumelles jointes" qu'on qualifieriait aujourd'hui de "soeurs siamoises".
Autre photographie du crâne de Jean-Louis Bourdini. En raison de cette anomalie, il était considéré comme un monstre :
“ Nous vîmes un homme d’environ quarante-cinq ans, à la tête énorme et monstrueuse. Sa circonférence atteignait quatre pieds ; son poids était estimé à soixante-dix-neuf livres. Cet homme était du reste de très petite taille et maigre au point que l’on aurait pu croire que les os n’étaient couverts que par la peau. Il ne pouvait pas marcher en raison du poids excessif de sa tête. Il parlait, mais d’une voix faible et plus qu’efféminée “, Juste Zinzerling, lors de sa visite à Marseille en 1612.
"Cet animal est très rare hors de l'Egypte, il est aussi grand et ressemble à un loup excepté qu'il n'a pas les jambes si longues, il a le poil rude et la peau couverte de tâches. Quelques uns le dépeignent avec la tête d'un matin, les oreilles courtes et triangulaires, la queue et les pieds d'un lion. Pline dit que l'hyène change de sexe tous les ans, c'est-à-dire qu'il est mâle une année, et femelle l'autre." Aristote et Elien disent qu'il rend les chiens muets par son ombre, qu'il imite la parole des hommes, et que par ce moyen, il les fait sortir de leurs maisons et les dévore. Ils disent aussi qu'il a les pieds d'un homme et point de vertèbres au cou. Il parut un de ces animaux aux jeux séculaires à Rome sous l'empereur Philippe." On voit par cette description que la bête du Gévaudan nourrit les fantasmes et relève également du spectaculaire.
Sur cette estampe, Louis-Jean Desprez représente une chimère, qui est dans la
mythologie grecque une créature fantastique ayant une tête de lion, un corps de
chèvre et une queue de serpent. Cette créature crachait du feu et dévorait les humains. La Chimère est donc un animal composite, composée de plusieurs animaux.
Sur cette estampe, les animaux identifiables sont beaucoup plus floues, ce qui montre
que, dans l'imaginaire, les représentations des monstres ne sont pas figées et prennent
des formes multiples.
À l'époque moderne, la sorcellerie est considérée (à tort ou à raison) comme un crime essentiellement féminin et les femmes sont érigées en créatures sanguinaires, se délectant entre autres d'enfants. La sorcellerie est liée à l'intervention de Satan, faisant des sorcières des créatures diaboliques.
La lutte de la sorcellerie devient de ce fait une lutte à enjeux religieux pour sauver la société occidentale contre le diable, qui est le rival direct de Dieu.