L'exemple de la Bête du Gévaudan...

La Bête du Gévaudan, un mystère jamais résolu, France Culture

  • Entre juin 1764 et juin 1767, le comté historique du Gévaudan, entre l’Auvergne et le Languedoc, est le théâtre d’attaques nombreuses et spectaculaires dues à une mystérieuse « bête », dont l’identité fait encore débat – probablement un ou plusieurs loups. Dans cette province rurale et enclavée, aux hauts plateaux et denses forêts, l’élevage est la principale ressource des paysans, qui doivent coexister avec les loups : à la fin du XVIIIe siècle, leur population en France est estimée entre 10 000 et 20 000 individus pour environ 28 millions d’habitants. Les femmes et les enfants qui gardent les troupeaux en sont les principales victimes.
  • Cependant, l’écho exceptionnel rencontré par ces évènements jusqu’à Paris et même en Europe, à l’époque des faits et encore aujourd’hui, ne peut se comprendre que par le développement de la presse écrite et son attrait pour le sensationnel.

La Bête du Gévaudan, une créature féroce assoiffée de sang

Cette estampe est issue du recueil de Magné de Marolles, qui édite un recueil de pièces éditant “tout ce qui a été dit” dans la presse sur le sujet ainsi que les estampes représentant la Bête. Coloriée à la gouache, cette estampe a un caractère narratif et illustre les attaques répétées de la bête. Cette estampe participe à la diffusion de l’affaire au près des populations locales et nourrit le mythe d’une bête féroce assoifée de sang humain.

  1. Les restes humains au sol au premier plan témoignent de la cruauté sans précédent de la bête. Les animaux à l’arrière plan ne sont quant à eux pas attaqués par la bête, ce qui renforce l’image de férocité associée à la bête du Gévaudan.

  2. À gauche de l'estampe, est représentée la chasse de la bête du Gévaudan et son abattage. Une première bête est en effet exécutée par François Antoine, garde du corps de Louis XV, assisté d’un certain Reinhard, au bois de Pommières, le 20 septembre 1765.

  3. Quant à la bête, elle se dresse sur ses pattes arrière pour enserrer de ses griffes une paysanne et tient dans sa gueule ouverte aux crocs pointus la tête sanguinolente de la malheureuse.

Acte de sépulture d'une victime de la Bête du Gévaudan

  • Durant l’année 1765, neuf décès sont comptabilisés dans le Cantal. Les victimes sont souvent jeunes et sont des bergers ou des travailleurs de la terre, comme Catherine Boyer qui épendait du fumier lors de l’attaque. Gravement blessée à Lastic le 15 janvier, elle succombe à ses blessures le 27 mars à l’hôpital de Saint-Flour.
  • Des enfants sont également tués, comme ici Agnès Mourgues, jeune bergère alors âgée de 11 ans, attaquée à plus de 1 100 mètres d’altitude sur le front ouest du mont Mouchet. Elle tente de se défendre en lui jetant des pierres, en vain, avant d’être égorgée par son agresseur qui emporte son corps. Sa dépouille est retrouvée par d’autres gardiens. La bête a dévoré une partie de l’enfant, « les épaules, le devant des mamelles, le mollet d’une jambe ». Elle est inhumée le lendemain dans sa paroisse de Lorcières.

“Le 22 décembre 1765, j’ai enterré dans le cimetière paroissial le corps d’Agnès Mourgues fille illégitime de Guillaume Mourgues morte hier ayant été dévorée par la bête féroce qui court dans le pays agée d’environ 11 ans habitante du lieu de Mareillac (...)"

< Previous page Next page >