La "bête de Singlais" ou "bête de Caen" est un animal ayant sévi par ses penchants gastronomiques envers la chair humaine. Sa première attaque aurait eu lieu en 1632. On lui attribue une trentaine de repas similaires, ce qui a commencé à ennuyer les locaux qui se sont vus dans l'obligation de lui retirer la vie.
Relation entre le chevalier Hector et Mars, le dieu de la guerre (et père symbolique). La réflexion débute par une affirmation sur l’héritage familial et l’influence de Mars sur les actions des chevaliers : “Mars ton pere, je nen doubt pas” ; “Tu ensuivras bien en tout pas” ; “Car ta noble condicion Itrait ton inclination”. Christine de Pizan insiste ici sur la noblesse et la destinée d’Hector, soulignant que son inclination vers les armes et la chevalerie découle de sa nature et de son héritage. Mars, dieu associé à la guerre, serait vu comme le “père spirituel” de tout chevalier qui suit cette voie : “esuivroit son pere, ce que tout bon chevalier doit faire”. Le passage fait appel à l’idée que l’honneur et la valeur d’un chevalier se reflètent dans ses actions. Mars, qui, par son association avec la guerre, incite donc les chevaliers à embrasser la bataille. Il est non seulement le dieu de la guerre, mais dans ce contexte, il symbolise aussi la force, la discipline et la noblesse du chevalier.
La peinture illustre la demande des Calas pour avoir le soutien de Voltaire dans leur défense durant l’Affaire Calas. Il y a donc une opposition entre les Calas et Voltaire qui sont séparés et adoptent des postures différentes.
Voltaire apparaît en retrait, étant assis, mais son visage montre aussi sa confiance face aux Calas qui sont plus nombreux, debouts, mais semblent désespérés face au Philosophe.
Voltaire apparaît seul face aux Calas, un léger sourire au visage, qui pourrait correspondre à une figure plus assuré sur le déroulement de l’affaire. Il porte des vêtements colorés et ajourés ainsi qu’une perruque.
Dans une de ses mains, il porte une canne à pomeau, symbole de sa richesse, de son âge et aussi de son statut noble.
Dans l’autre main, il tient un livre qui montre sa place dans le courant des Lumières et aussi son importante connaissance.
Les Calas apparaissent comme une famille plus variée, avec des enfants et adultes. Ils sont habillés avec des vêtements plus sobres sans pour autant être des tenues de deuil.
Leurs postures semblent suppliantes pour les adultes, la femme en retrait semble même essuyer ses yeux ou cacher des larmes.
La sorcière en question n'est autre que Clauda Brunyé. Elle a empoisonné le mari d'une femme à la demande de cette dernière. En plus de ce crime, les relations charnelles qu'elle aurait entretenu avec le diable ne faisaient pas bon genre... Cela lui a valu la condamnation au bûcher le 16 septembre 1568.
Représentation peu élogieuse de Marie-Antoinette en harpie, qui montre l'instrumentalisation de l'image du monstre pour dénoncer les rôles de Louis XVI et de Marie-Antoinette au pouvoir. Un mécontentement social et politique est exprimé.
Les légendes concernant les licornes ne sont pas l'apanage de la période médiévale, elles persistent jusqu'à l'époque moderne : en témoigne l'ouvrage de cet apothicaire montpelliérain, Laurens Catelan. Ce dernier donne de sages conseils afin de chasser les licornes et de s'emparer de leur attribut frontal tant convoité.
Christine de Pizan mobilise la figure allégorique “d’Attrempance” (Tempérance) pour enseigner une vertu fondamentale qu’est la modération et la maîtrise de soi. Othéa dit à Hector : “Quil te faut fault faire et que tu saches” ; “A toy les vertus plus propisses” ; “Pour mieulx parvenir aux premisses” ; “De vaillance chevalereuse” ; “Est doulce coye et attrempee” ; “Cest la deesse datrempance” ; “Qui sages est moulte layme et prise”. Ces vers soulignent d’emblée l’objectif de l’enseignement qui est d’inculquer les vertus nécessaires au chevalier. Parmi celles-ci, Tempérance est présentée comme indispensable. L’évocation d’Attrempance en tant que “seur germaine” d’Othéa est significative : elle établit une parenté symbolique entre les deux qualités fondamentales que sont la Prudence et la Tempérance. Ce lien est explicité dans la glose : “Attrempance est demonstrance de prudence, et de prudence s'ensuit attrempance”.
Christine montre que la maîtrise des passions découle de la sagesse et que l’une ne peut exister sans l’autre. Tempérance est au centre d’un équilibre moral nécessaire, non seulement au chevalier, mais à tout individu. L’enseignement est renforcé par des références à des autorités intellectuelles, comme Démocrite (Democritus) : “Attrempance amodere les vices et parfait les vertus.” Cette réflexion est enrichie par une comparaison à l’horloge. En effet, l’analogie entre le corps humain et une horloge met en lumière la question de l’auto-régulation des désirs et des impulsions. Elle articule son propos avec des citations bibliques, comme celle de saint Pierre : “Obsecro vos, tanquam advenas et peregrinos, abstinere vos a carnalibus desideriis que militant adversus animam.” (Je vous supplie, en tant que voyageurs et étrangers, de vous abstenir des désirs charnels, qui combattent l'âme). Ce passage place la maîtrise des désirs corporels au cœur de l’éthique chrétienne, soulignant que la Tempérance est aussi un impératif divin.
La monstruosité ne concerne pas seulement des créatures fantastiques ou des animaux dangereux, elle désigne aussi des individus atteints de malformations physiques, comme cette fratrie deux en un. Plus précisément, ce sont des "jumelles jointes" qu'on qualifieriait aujourd'hui de "soeurs siamoises".
Autre photographie du crâne de Jean-Louis Bourdini. En raison de cette anomalie, il était considéré comme un monstre :
“ Nous vîmes un homme d’environ quarante-cinq ans, à la tête énorme et monstrueuse. Sa circonférence atteignait quatre pieds ; son poids était estimé à soixante-dix-neuf livres. Cet homme était du reste de très petite taille et maigre au point que l’on aurait pu croire que les os n’étaient couverts que par la peau. Il ne pouvait pas marcher en raison du poids excessif de sa tête. Il parlait, mais d’une voix faible et plus qu’efféminée “, Juste Zinzerling, lors de sa visite à Marseille en 1612.
"Cet animal est très rare hors de l'Egypte, il est aussi grand et ressemble à un loup excepté qu'il n'a pas les jambes si longues, il a le poil rude et la peau couverte de tâches. Quelques uns le dépeignent avec la tête d'un matin, les oreilles courtes et triangulaires, la queue et les pieds d'un lion. Pline dit que l'hyène change de sexe tous les ans, c'est-à-dire qu'il est mâle une année, et femelle l'autre." Aristote et Elien disent qu'il rend les chiens muets par son ombre, qu'il imite la parole des hommes, et que par ce moyen, il les fait sortir de leurs maisons et les dévore. Ils disent aussi qu'il a les pieds d'un homme et point de vertèbres au cou. Il parut un de ces animaux aux jeux séculaires à Rome sous l'empereur Philippe." On voit par cette description que la bête du Gévaudan nourrit les fantasmes et relève également du spectaculaire.
Sur cette estampe, Louis-Jean Desprez représente une chimère, qui est dans la
mythologie grecque une créature fantastique ayant une tête de lion, un corps de
chèvre et une queue de serpent. Cette créature crachait du feu et dévorait les humains. La Chimère est donc un animal composite, composée de plusieurs animaux.
Sur cette estampe, les animaux identifiables sont beaucoup plus floues, ce qui montre
que, dans l'imaginaire, les représentations des monstres ne sont pas figées et prennent
des formes multiples.
À l'époque moderne, la sorcellerie est considérée (à tort ou à raison) comme un crime essentiellement féminin et les femmes sont érigées en créatures sanguinaires, se délectant entre autres d'enfants. La sorcellerie est liée à l'intervention de Satan, faisant des sorcières des créatures diaboliques.
La lutte de la sorcellerie devient de ce fait une lutte à enjeux religieux pour sauver la société occidentale contre le diable, qui est le rival direct de Dieu.
Le texte s’ouvre sur une adresse d’Othéa à Hector, établissant un dialogue didactique où la déesse, figure allégorique de la Prudence, guide le héros vers une éducation morale. Christine de Pizan insiste sur l’importance de cette guidance : “Je leur lis lecons en chaiere” et “Par mon epistre amonnester”. Othéa met en lumière les qualités d’Hector, de manière élogieuse, affirmant “Et com je soie desirant”, tout en soulignant “Ta vaillance et haulte proesse”. L’introduction d’Hector, présenté comme le fils symbolique de Mars (“dieu de la bataille”) et de Minerve (“deesse de la sagesse”), assoit immédiatement son statut de chevalier. Par cette filiation mythologique et symbolique, Christine de Pizan associe la force du combat à la vertu sage, offrant ainsi une vision du chevalier parfait : puissant par les armes, mais également guidé par une conduite morale exemplaire. Othéa insiste aussi sur la nécessité des vertus cardinales, en affirmant : “Et toutes les quatre vertus cardinales sont nécessaires a bonne policie, nous en parlerons ensuivant”. Les valeurs morales chrétiennes sont combinées avec l’héritage mythologique.