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Titre
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Folio 049
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Droits
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Bibliothèque municipale de Lille
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Type
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Manuscrit littéraire et enluminé
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Créateur
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De Pisan, Christine
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Date
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1460
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Description
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Représente une scène d’accumulation matérielle. La composition intimiste, où trois personnages sont enfermés dans un espace restreint, symbolise l’avidité et la possession. Au centre de l’image, un homme richement vêtu, probablement une allégorie de l’avare, donne des instructions. Sa main levée, signe d’autorité, illustre son contrôle sur les richesses accumulées. L’homme à gauche est penché pour placer ou prendre un sac volumineux dans un coffre, représentant explicitement la possession de richesse. Le coffre, un objet lourd et fermé, symbolise l’avarice et le désir de conserver les biens à l’abri des autres. Le personnage à droite, à la porte, porte aussi un sac semblant lourd, donc plein de richesses. Bien que Junon ne soit pas directement visible, sa présence est suggérée par l’atmosphère de la scène. Elle incarne ici l’influence négative de la richesse sur les relations humaines, où tout semble tourner autour du péché de l’avarice.
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Extrait sur Junon, déesse de la richesse, est présenté comme une allégorie de la possession matérielle et une mise en garde contre l’avidité. À travers ce texte, Christine de Pizan oppose les bonnes valeurs à l’obsession pour les biens, qui détourne le chevalier de ses véritables devoirs. Le passage commence par un conseil direct : “De Juno ja trop ne te chaille” ; “Se le noiel mieulx que lestaille” ; “Donneur desires a avoir” ; “Car mieulx vault proesse quavoir”. Ici, l’accent est explicitement placé sur la hiérarchie des valeurs, où l’honneur (le noyau) est supérieur à la richesse (l’écorce). Le contraste entre richesse éphémère et valeur éternelle est renforcé par une citation dite d’Hermès : “Mieulx vault avoir povret en faisant bonnes œuvres que richesse acquise laidement”. Montre que la poursuite de richesse amène une vie vaine et dénuée de vertus. L’idée est approfondie par une critique de saint Bernard, qui condamne l’amour des biens mondains : “O fils dadam lygne convoiteuse quoy ames vous tant ces modaines richesses qui ne sont ne vrayes ne vostres et, vueillez ou no, les vous fault laissier alamort”. Christine s’appuie sur l’Évangile, qui condamne l’attachement excessif à la richesse, qui serait un obstacle spirituel majeur : “que le chameu passeroitplus aisiement par le pertuis de lesguille que le riche nataindroit au royaume des chieux”.
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Christine de Pizan étend la métaphore en évoquant deux bosses (“boche”) : “une de mondaines possessions et lautre de péchiez”. Elle souligne que si les richesses sont abandonnées à la mort (“il fault qui laisse la premiere boche alamort”), les péchés qu’elles ont engendrés suivent l’âme dans l’au-delà. Cela renforce la nécessité de rejeter les richesses avant la mort, non seulement pour alléger le poids des possessions matérielles, mais aussi pour se libérer des péchés qu’elles engendrent.
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Format
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codex papier 208 × 142 mm
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Langue
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français et oïl
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Place
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Lille
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Editeur
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Bibliothèque municipale de Lille
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Titre alternatif
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Allégorie de Junon
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Contributeur
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Bibliothèque municipale de Lille
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Relation
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Bibliothèque municipale de Lille
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Détenteur des droits
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Bibliothèque municipale de Lille
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Sujet
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Allégorie de Junon
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Couverture temporelle
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1460