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Titre
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Folio 008
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Droits
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Bibliothèque municipale de Lille
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Type
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Manuscrit littéraire et enluminé
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Créateur
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De Pisan, Christine
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Date
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1460
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Description
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Christine de Pizan mobilise la figure allégorique “d’Attrempance” (Tempérance) pour enseigner une vertu fondamentale qu’est la modération et la maîtrise de soi. Othéa dit à Hector : “Quil te faut fault faire et que tu saches” ; “A toy les vertus plus propisses” ; “Pour mieulx parvenir aux premisses” ; “De vaillance chevalereuse” ; “Est doulce coye et attrempee” ; “Cest la deesse datrempance” ; “Qui sages est moulte layme et prise”. Ces vers soulignent d’emblée l’objectif de l’enseignement qui est d’inculquer les vertus nécessaires au chevalier. Parmi celles-ci, Tempérance est présentée comme indispensable. L’évocation d’Attrempance en tant que “seur germaine” d’Othéa est significative : elle établit une parenté symbolique entre les deux qualités fondamentales que sont la Prudence et la Tempérance. Ce lien est explicité dans la glose : “Attrempance est demonstrance de prudence, et de prudence s'ensuit attrempance”.
Christine montre que la maîtrise des passions découle de la sagesse et que l’une ne peut exister sans l’autre. Tempérance est au centre d’un équilibre moral nécessaire, non seulement au chevalier, mais à tout individu. L’enseignement est renforcé par des références à des autorités intellectuelles, comme Démocrite (Democritus) : “Attrempance amodere les vices et parfait les vertus.” Cette réflexion est enrichie par une comparaison à l’horloge. En effet, l’analogie entre le corps humain et une horloge met en lumière la question de l’auto-régulation des désirs et des impulsions. Elle articule son propos avec des citations bibliques, comme celle de saint Pierre : “Obsecro vos, tanquam advenas et peregrinos, abstinere vos a carnalibus desideriis que militant adversus animam.” (Je vous supplie, en tant que voyageurs et étrangers, de vous abstenir des désirs charnels, qui combattent l'âme). Ce passage place la maîtrise des désirs corporels au cœur de l’éthique chrétienne, soulignant que la Tempérance est aussi un impératif divin.
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La miniature associée à ce passage représente Tempérance sous les traits d'une femme agenouillée, réglant le poids d'une horloge richement décorée. Dans l’iconographie, Tempérance est souvent symbolisée par des objets tels que des vases ou des sabliers, qui évoquent la mesure et l’équilibre. Ici, l’horloge représente à la fois le temps, les passions humaines et la complexité de l’âme humaine. En ajustant les poids de l’horloge, elle illustre l’idée qu’il faut ajuster son équilibre intérieur. Comme une horloge composée de mécanismes interconnectés, le corps humain ne peut fonctionner harmonieusement sans équilibrer ou maintenir ses passions.
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Format
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codex papier 208 × 142 mm
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Langue
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français et oil
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Place
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Lille
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Relation
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Bibliothèque municipale de Lille
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Détenteur des droits
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Bibliothèque municipale de Lille
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Sujet
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Allégorie de Tempérence
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Couverture temporelle
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1460